• L'angoisse est très prégnante en cette fin d'été, même pendant les visites à mon père c'est très difficile. Après quelques jours ou il a été moins bien il semble mieux, mon généraliste qui me suit de près insiste pour que je parte en cure, je fais donc les démarches nécessaires. Et je ne serai plus dans l'incertitude de cet avenir bouché qui me mange intérieurement. Le gros souci pour moi c'est de l'annoncer à mon père et à ma belle mère.............ce n'est pas une mince affaire.

    je suis toujours en communication avec la personne de JALMALV qui visite mon père et je prends conseil auprès d'elle, elle conseille de ne pas trop attendre avant de dire à mon père que je pars en cure, cela va lui donner le sentiment qu'on lui cache quelque chose d'important sinon. Elle conseille aussi de ne pas lui téléphoner les mêmes jours à heure fixe pendant ma cure. Bon elle m'apaise à chaque fois.

    Je suis plus apaisée avec les injections de tranxène et mon généraliste revu pour le suivi est satisfait il me fait continuer une semaine de plus puis diminuer avec des demi ampoules progressivement.

    Le jour ou je prévois de dire à mon père que je vais partir trois semaine en cure, il va beaucoup moins bien, il est très fatigué et a de la température, je ne lui en parle donc pas. Le lendemain l'infirmière appelle ma belle mère pour demander que nous allions le voir il est très très fatigué.

    Je passe donc chercher ma belle mère et nous nous rendons au chevet de mon père, il est dans un coma vigile, son médecin passe il ne sait pas ce qu'il a il le fait mettre sous perfusion pour le réhydrater. Je préviens ma nièce qui va nous remplacer avec sa mère dans l'après midi, même si j'ai du mal à laisser mon père je décide de passer un peu à la maison et d'avoir mon injection ce soir, ce n'est pas le moment de m'écrouler. Je ramène ma belle mère chez elle puis rentre quelques heures à la maison. Je retourne en soirée avec mon mari et ma fille, après mon injection mais je ne risque pas de m'endormir c'est tellement fort ce que je vis. Mon père est dans le même état mais à ma demande il me serre la main. J'ai rappelé la personne de JALMALV, appelons la N qui passera le lendemain matin, un dimanche.

    La nuit a été très difficile avec peu de sommeil, dès 9H30 je suis au chevet de mon père, avec N , mon père est sorti du coma et quand je rentre dans sa chambre N me dit votre père a beaucoup de choses sur le cœur mais a du mal à les dire et cela lui fait très peur.

    Comme elle repart, je sors avec elle dans le couloir et elle me dit qu'il a très peur de la mort, qu'il pensait vivre plus longtemps. Elle le trouve très réservé pour parler de lui, qu'il faut souvent dire les choses à sa place. Elle conseille d'être là silencieuse à lui tenir la main pour lui montrer que je l'aime. Elle dit que si je suis angoissée, de respirer tranquillement et qu'il règlera sa respiration sur la mienne. Je la remercie et la salue avant de retourner dans la chambre.

    Il pleure et me dit:

    - Je vais mourir.

    - Sans doute mais on ne sait pas quand, (je lui caresse la tête en même temps)

    - Je vous aime tous et vous allez me quitter...................et Marguerite......

    -Oui, mais tu sais bien que l'on se retrouvera tous.

    - Oui

    - Tu as peur de quoi?

    - J'ai peur de souffrir.

    - Non, ils te donneront des calmants et après tu sais bien que tout sera bien. Est ce que tu veux voir un prêtre?

    - Oh oui!

    - Bon je descends téléphoner au presbytère ( un prêtre est disponible et mon père le connait bien, je remonte lui dire)

    - Et Marguerite elle viendra cet après midi?

    - Oui tu voudrais la voir ce matin?

    - Oh oui!

    J'appelle ma belle mère et descends au distributeur de café pendant les soins, ma belle mère arrive peu de temps après et le prêtre aussi. Nous parlons un peu je demande à l'abbé de le rassurer par rapport à ses peurs. Nous laissons le prêtre seul avec mon père puis il nous fait rentrer. Nous prions ensemble c'est un tel moment d'émotion...........je tiens une main de mon père et ma belle mère l'autre main. Mon père a dit en notre présence à tous les trois: c’est dur.

    Je reconduits le prêtre dans sa paroisse et revient à l'hôpital, puis je rentre tard le midi je suis vannée.

    Je peux me reposer ce dimanche après midi avant de retourner le soir après ma piqûre, ma belle mère est restée tout l'après midi. Je suis avec mon mari en ce dimanche soir et heureusement car les échanges en émotion ont été tellement forts pour tous, Bernard pleure aussi par moment.

    Dialogue:

    - Tu n'as pas des choses à dire?

    - Quelles choses papa?

    - Avec Isabelle pour les partages.

    - Non tu avais tout prévu en 1996.

    - J'espère que j'avais bien fait.

    - Mais oui tout a été bien fait, ne t'inquiète pas et on s'entend bien avec Isabelle, il n'y aura pas de problèmes. Tu y penses?

    - Oui

    - Et avec Marguerite?

    - C'est fini.

    - Comment ça? il n'y a rien à faire? elle peut rester dans ta maison hein.

    - Non je ne crois pas, je ne sais pas si j'ai pensé à tout, si j'ai tout dit.

    - Eh bien si tu penses à autre chose tu le diras et pusi tu es encore là on peut profiter de ces moments ensemble;

    - Tu n'as rien d'autre à me dire?

    - Je veux te dire merci pour ce que tu m'as apporté et donné papa.

    - J'ai fait tout ce que j'ai pu.

    - Je sais et je t'aime et puis tu vas retrouver maman et Jean-Pierre.

    - Oui

    - .......Tu diras à Jean-Pierre que je lui pardonne pour ce qu'il m'a fait.

    - Oui

    - Tu as été heureux avec Marguerite?

    - Oh oui.

    - Et puis vous en avez profité, fait des voyages.

    - Oui

    - Mais vous avez eu une bonne santé longtemps, ce n'est pas pour tout le monde pareil.

    - Oui ( mon mari est en larmes et moi aussi malgré que j'essaie de contenir, il vient de lui-même l'embrasser et le remercier)

    - Tout ce que tu nous laisses c'est grâce à ton travail et à ton courage.

    - Je voudrais bien voir Élodie.

    - Eh bien elle viendra demain après l'école, Emmanuel l'amènera. Si tu te sens plus fatigué je peux rester passer la nuit près de toi.

    - Oui

    - Pour ce soir, ça va aller?

    - Oui

    - Ton médecin est gentil aussi et il fait tout pour que tu sois bien.

    - Oh oui, tu vas pouvoir partir.

    - Oui on va te laisser te reposer.

    Je dis à mon père que je reviendrai le lendemain matin et sa femme l'après midi.

     


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  • Une séance de thérapie comportementale le 22-8-2001 et la suite.

    J'évoque tout ce qui s'est passé avec mon père depuis 15 jours, l'émotion, les échanges verbaux, l'échange avec mon fils ainé. Le psy ne dit rien ce jour là ce qui est très très dur pour moi. Je lui dis également que j'ai craqué la semaine précédente et que mon mari a décidé que nous partirions  3-4 jours sur la côte; Le psy dit que c'était une très bonne idée et que j'avais joué mon rôle de fille et que je l'avais bien fait. Il n'y avait que moi qui pouvais le faire, c'est ma place. Il ajoute que c'est notre rôle de nous occuper de nos parents vieillissant que nous y passerons tous et quand nous en serons là nous serons contents d'avoir un de nos enfants à nous tenir la main.

    J'ajoute que je suis angoissée de tenir dans la durée car je suis très très fatiguée, que j'aurais aimé partir en cure mais que ce n'est pas possible maintenant et que tout ferme en octobre. Le psy dit de programmer pour septembre mais je dis que je ne peux pas laisser mon père dans cet état. Alors que je doute sur mes forces pour tenir longtemps, le psy me rassure et me dit que si je vais tenir il en est sur. Puis il me secoue me disant que je suis toujours en souffrance, que je l'étais avant de parler de l'inceste, que je l'étais en parlant de l'inceste, que je le suis devant la maladie de mon père et que c'est comme si j'avais besoin de cette souffrance et qu’elle faisait partie de ma vie, comme si je ne m'autorisais pas à vivre sans souffrir. Je réagis en disant que j'en ai marre et que je voudrais changer de vie, il réplique en disant que je suis partie prenante là dedans. Le psy dit que je ne peux pas regretter ce que je fais pour mon père. Et ajoutant qu'il y a eu un avant la maladie de mon père, il y a pendant et il y aura un après et nous repartirons pour plusieurs mois. ( Je le ressens comme un reproche, en tout cas cela me remplit de culpabilité de ne pas aller bien comme si c'était le moment!)

    Une séance comme celle ci m'enfonce plus qu'autre chose, heureusement mon généraliste de l'époque adoucit tout cela, je le vois 2 jours plus tard car je craque +++. Mon généraliste a joint le médecin de mon père qu'il connait bien. Celui ci lui a dit que l'état de mon père était stable et que cela pouvait durer plusieurs mois ou plus. Mon généraliste revoit mon traitement pour soulager mes angoisses, il aimerait me donner des injections de tranxène, je les refuse pour le moment, il me fait raconter ma dernière séance chez mon psy, il veut me revoir dans moins d'une semaine car je dois reprendre le travail, ce qui m'inquiète énormément. Je ressors un peu rassurée mais sonnée toutefois.

    A la suite de tout cela et puisque mon père va assez bien je me décide à organiser une cure thermale, histoire de reprendre des forces pour tenir dans le temps. Cela me fait énormément de bien de penser cela, tout est plus clair dans un avenir qui me paraissait tellement bouché. Je suis si fatiguée. Mon père passait une scintigraphie osseuse, je prends donc des nouvelles quant au résultat près de son généraliste; au niveau vertébral les métastases n'ont pas bougé par contre pour son épaule si. Le médecin dit que le cancer primitif n'est pas la prostate. Je lui parle de ma cure, il dit que ce n'est pas en trois semaines qu'il arrivera quelque chose, mais de téléphoner souvent à mon père pour qu'il ne se sente pas abandonné. Il me dit aussi de ne pas hésiter à le rappeler pour faire le point et il parle d'un éventuel retour à la maison pour mon père. Je lui fais part de mon inquiétude pour ma belle mère qui ne sera pas capable de faire face.

    Maintenant je me dis que ce médecin était vraiment inconscient par rapport à l'état de mon père.

    Le lendemain je réserve ma cure aux thermes de Néris les bains, c'est moitié moins éloigné que Divonne au cas ou.............Le soir de ce jour, un appel de ma belle mère pour me dire qu’elle a trouvé mon père moins bien et comment m'enlever tout espoir de solution pour tenir le coup.......................

    Le lendemain je le constate également et heureusement que je n'ai pas réservé l'hôtel car vraiment mon père est très fatigué et incohérent.Je vis de nouvelles angoisses de plus en plus fortes en le voyant ainsi heureusement que j'ai l'appui de mon psy au téléphone et de mon généraliste. Mon psy est d'accord pour que j'ai des injections de tranxène. Mon généraliste me les prescrit donc ce qui inquiète mon mari et comme toujours, c'est moi qu dois le rassurer. Ce généraliste qui connaissait mon histoire me dit que la maladie de mon père me refait revivre d'autres angoisses, c'est certain pour que cela prenne de telles proportions. Il me fait un arrêt maladie jusqu'à la fin présumée de ma cure.

    La réaction d'inquiétude de mon mari fait qu'il ne me parle pas, je suis d'autant plus tendue, si bien qu'après la 1ère injection alors que j'attends le sommeil qui ne ne vient pas je ressens juste une détente musculaire. Et la nuit a été déplorable, il a fallu attendre la seconde pour sentir le relâchement.

     

     


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  • Après avoir vu et revu Nicole de JALMAV, mon père entre dans une émotion incroyable. Et quand j'arrive le midi pour le faire manger, les infirmières me disent souvent qu'il ne fait que pleurer quand elles le voient, qu'il en a gros sur le cœur. Elles le font parler un peu et il leur dit qu'il a de la peine pour nous qu'il ne voudrait pas nous faire de peine.

    Par moment il déconnecte par exemple un jour il n'a pas allumé la télévision disant qu'il y a une caméra dedans et qu'on le filme. Un autre jour il y a du poison dans la nourriture et on veut l'empoisonner, je le trouve assez tourmenté dans ces moments là, donc je le rassure. Et puis il dit qu'il va aller de mieux en mieux et qu'il va guérir. Pour montrer à quel point ma belle mère est sotte elle y croit aussi elle ne se rend pas compte qu'il est dans son délire. Que je trouve cet été triste...........................

    Une journée ma meilleure amie me téléphone en rentrant de vacances et quand je lui fait part de tout ce qui se passe avec mon père, elle me dit; tu ne penses pas qu'il voudrait reparler de ce que tu lui as confié de ton enfance l'année dernière? C'est peut être cela qui le bloque et le fait pleurer autant! Je ne sais pas mais en allant le voir ce midi là et quand l'infirmière me dit qu'il a encore beaucoup pleuré le matin et lui tenait la main, je me décide.

    - Tu es triste?

    - Oui

    - Ce n'est pas ce que je t'avais dit l'an dernier, tu te souviens ce qui s'était passé avec JP, qui te tracasse?

    - Non ce n'est pas ça.

    - Parce que je ne t'en veux pas du tout, tu n'y pouvais rien, tu ne savais pas et maman non plus.

    - Non, on ne pouvait pas savoir.

    - Non, puisque je n'avais rien dit, mais cela va moi maintenant je suis en train de guérir, tu m'en veux de te l'avoir dit?

    - Non, non non.

    - Tu sais c'était un moment de folie de JP, c'est du passé et depuis que je te l'ai dit je vais beaucoup mieux. Et puis je suis heureuse avec les enfants et Bernard, tu le sais bien on s'entend bien tous les deux et il m'a beaucoup aidée (il pleure à nouveau). J'ai demandé à mon père aussi s'il avait pu en parler à quelqu'un? non il a gardé cela pour lui.

    C'est par rapport à ta maladie que tu es triste?

    - Oui

    - Tu as peur de ne pas t'en sortir?

    - Si j'ai de l'espoir.

    - C'est bien car cela te donne de la force et tu es bien entouré, bien soigné.

    - Oui les résultats sont meilleurs.

    - Oui tu es bien mieux et regarde JP, maman il y en a des bien plus jeunes qui partent.

    - Oui je sais bien. 

    - Et puis tout le monde t'aime, regarde comment les enfants aiment venir te voir. M. (sa seconde femme) est très attachée à toi aussi.Il pleure et moi aussi, pendant ces échanges je n'ai pas arrêter de lui caresser la tête et les bras. Il me tire fortement avec son bras et m'embrasse.

    Quelle émotion, quand je pars je crois l'infirmière connue dans le couloir et je lui dis que nous avons échangé des choses difficiles, elle va aller le voir.

    Et puis en rentrant j’appelle la personne de JALMAV avec qui je peux déverser mes émotions et cela me fait du bien, ainsi que de raconter ces échanges à mon mari et mon second fils.

    Comme mon père va mieux, avec ma belle mère nous décidons d'aller chacune un jour sur deux, ce qui m'allège vraiment.

    Mon fils ainé en vacances va voir mon père avant de repartir, il est aussi ému et démonstratif avec lui qu'avec moi, c'est fou. Mon fils me dit que son grand-père n'est pas prêt à partir et a besoin de nous.   

    J'accompagne ensuite mon père en consultation au CHU, il a une plaie au bras qui suinte beaucoup ainsi que du purpura, les médecins ne savent pas trop que dire. Et pour ma part je craque de plus en plus avec énormément d'angoisses, la fatigue physique qui frise l'épuisement y est pour beaucoup. Nous décidons de partir le week end sur la côte pas loin à une heure de route de la maison. Ce n'est pas que j'ai l'esprit tranquille mais de savoir que je n'irai pas à l'hôpital et en plein mois d'Août les balades à pied en bord de mer me font le plus grand bien. Le 3ème jour, ma belle mère appelle pour me dire que mon père ne fait que pleurer, je lui téléphone donc et c'est vrai qu'il est en larmes et il me dit qu'il s'ennuie je crois que je lui manque. J'essaie de lui remonter le moral ce qui n'est pas simple. Je ne me sens pas vraiment la tête en vacances. Surtout que je téléphone à mon père 2 fois par jour à sa demande.

    Face à la mer je prie beaucoup en demandant au Seigneur que Sa volonté soir faite.

    Nous rentrons le soir du 4ème jour et je vais aussitôt rendre visite à mon père. Il m'accueille les bras ouverts et m'embrasse affectueusement, nous parlons beaucoup de sa maladie maintenant qu’il est très conscient il voudrait tellement remarcher. Il est toujours sous morphine et certains jours il est très énervé s'inquiétant pour ses vignes, son argent, me demande de pâsser à sa banque ce que je fais pour l'apaiser.


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  • Qu'il fut douloureux cet été 2001, intense en émotions, angoissant, beaucoup de peurs face à la mort proche de mon père la seule personne restant de ma famille d'origine.

    Sous morphine (car le cancer des os est très douloureux) mon père perd pied dans la réalité, il raconte des histoires abracadabrantes. Par exemple, il me parle du pape et me demande de quoi écrire, je lui donne et quand il me montre ses écrits je lis "1983 pour notre Saint Père, pour nos 100 ans" il a écrit cela sur deux feuilles différentes sur le bloc que je lui ai passé. Je vais le faire manger tous les midis et quand je suis seule avec lui il me dit que c'est bien, qu'il aime bien et qu'on peut discuter. Forcément ma belle mère l'énerve elle le rouspète, le contredit, lui éteint la télévision elle ne se rend pas compte que c'est un grand malade.

    Des membres de l'association JALMAV viennent visiter les malades, je leur demande d’aller voir mon père. j'ai d'abord un entretien avec une femme à qui je dis beaucoup de la vie de mon père et de la mienne. Elle me fait vraiment confiance car me donne son numéro de téléphone portable pour que je l'appelle le soir afin de savoir comment cela s'est passé. Ce que je fais donc le soir, mon père lui a parlé du pape et qu'il allait le rencontrer pour lui demander un miracle. Elle a évoqué avec lui son Départ il a répondu; oui mais pas tout de suite, il pense guérir un moment. Et quand elle lui a demandé s'il pensait que c'était un passage difficile il a dit non pas difficile, qu'il fallait bien y passer  mais pas tout de suite. Quand elle lui a proposé de revenir il a dit oui d'un air soulagé elle trouve qu'il a besoin de se confier, de communiquer sur lui. En fait je réalise qu'il a passé sa vie à ne rien dire de lui.

    Le soir, il a dit à sa femme; ne t'inquiète pas ce sera peut-être dans 8 jours, dans 15 jours ou dans 3 semaines...............il s'est autorisé à lâcher enfin jamais je ne remercierai assez cette personne nommée Nicole. Elle le sait car j'ai eu l'occasion de la revoir à l'asso ou elle est venue comme bénévole pendant quelques mois l'année suivante. Elle est venue plusieurs fois visiter mon père à l'hôpital.

    Je suis soutenue par mon psy chrétien qui me dit que c'est bien ce que je fais. Il me conseille de vivre à fond ces moments avec mon père, de faire tout ce que j'ai envie de faire avec lui, de dire tout ce que j'ai envie de lui dire. C'est toujours beaucoup d'émotions en thérapie c'est tellement fort ce que je vis.

    Mon père est beaucoup dans l'émotion depuis la visite de Nicole, il pleure me prend dans son bras. Quand mon 2ème fils va le voir il a le même comportement si bien que mon fils pleure aussi en rentrant à la maison et nous pleurons dans les bras l'un de l'autre. C'est fou ce que la morphine désinhibe quand même, mon père si distant, si secret, si froid. D'ailleurs mon fils me dit; maman tu rattrapes toute ta vie avec ton père!

    Par contre mon père ne dit rien à sa femme, pour l’anecdote elle me dira le soir qu'il lui a dit que ses petits fils sont venus lui fêter ses 100 ans (il en a 83) et pas elle.


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  • Une quinzaine de jours plus tard et après bien des hésitations je retourne voir cette thérapeute familiale, mon psy m'a fortement conseillée d'y aller une dernière fois, oui. Je suis très stressée sur la route pour y aller. Nous sommes fin juillet 2001.

    Elle me demande comment je vais et elle réagit quand je dis à peu près. J'ajoute que mon père est à mourir, elle me demande s'il a une maladie oui un cancer.

    Elle répond alors il vaut mieux, je trouve déjà sa réponse inappropriée. J'ajoute qu'il a des métastases osseuses, est sous morphine et divague un peu. Elle me demande ce que je fais pour lui, je réponds que je vais le voir tous les jours, le faire manger.

    Puis elle me demande ce que j'attends d'elle aujourd'hui ce à quoi je réponds, faire le point sur la séance de la dernière fois. Elle me demande comment je l'ai ressentie, je dis que cela a été très dur pour moi. Elle demande si c'est de voir que c'était positif pour mes enfants. Bien sur que non c'est de me rendre compte de mes difficultés. Elle demande lesquelles, je dis la difficulté à être bien. Elle redit que mes enfants vont bien, je réponds que je sais que mon fils va bien. Elle ajoute que ma fille aussi, ils vont bien tous les deux, ont de bonnes bases, ils sont bien construits car ils ont reçu beaucoup d'amour et en donnent beaucoup et c'est très sain ça. C'est parce que pendant la grossesse et la petite enfance jusqu'à 6 ans l'enfant se construit avec l'amour qu'on lui donne et votre mari et vous en avez donné beaucoup, l'amour maternel surtout. Je réponds que j'étais très maternelle et me suis occupée d'eux avec beaucoup de plaisir mais la grossesse de ma fille avait été très difficile, j'avais fait deux fausse couche, en début de grossesse j'avais eu un cerclage et un traitement hormonal et lorsque j'étais plus tranquille à 7 mois de grossesse j'ai su que ma mère était condamnée, elle a été malade pendant les 6 premiers mois de vie de ma fille, elle est décédée quand elle avait 6 mois, elle a du le ressentir cela.

    La psy dit que ce qui compte ce n'est pas la quantité d'amour mais la qualité. J'ajoute qu'il y a eu aussi la quantité surtout que j'avais pris un congé parental de 2 ans pour elle.

    La psy pense que je ne suis pas encore sortie du problème d'inceste avec mon frère. Je dis que oui et cela m'a fait mal après la séance familiale d'en prendre conscience, je ne pensais plus en être là. Elle ajoute que ce qui me faudrait pour arrêter les thérapies c'est de faire un stage d'affirmation de soi en groupe (chez elle bien entendu)

    Je dis qu'après une séance familiale telle qu’elle s'est passée je ne pense pas que je pourrais. Elle dit que ce n'est pas pareil car je ne travaillerais que sur moi et elle est sure que cela m'aiderait beaucoup. Et elle dit à nouveau que mes enfants vont bien même s'ils ont souffert de mon histoire mais le positif dans tout cela c'est qu'ils sont dans la révolte par rapport à ça et qu'ils ne laisseront pas leurs enfants avec n'importe qui. Le négatif c'est leur méfiance dans la relation aux autres.

    Elle reparle de la thérapie de groupe mais ajoute que l'urgence c'est de m'occuper de mon père qu'il sera encore temps après.

    Je dis qu'en effet là c'est beaucoup à gérer en même temps et que je ne peux pas trop faire autant de choses à la fois. Elle ajoute que j'ai bien fait de faire cette séance pour mes enfants. J'ajoute qu'ensuite je n'avais plus envie de thérapie de groupe mais il s'est passé deux choses pour lesquelles je n'ai pas pu m'affirmer et que j'ai réglé dans l'agressivité. Je raconte l’histoire avec ce spécialiste du CHU en présence de mon père (je la relaterai plus tard ici). Elle dit que j'aurais du dire stop face à l'agressivité de ce médecin, le souci c'est que je fonds en larmes. Le second évènement s'est passé deux jours avant avec ma belle mère à l'hôpital après avoir vu mon père très mal. la psy dit que ma belle mère n'avait pas à être agressive et que j'ai bien fait de me défendre, dommage que ça ait été dans les larmes encore. La psy aborde un peu la succession je dis que tout a été bien préparé par mon père mais que je me doute qu'avec sa femme il y aura des conflits (je ne croyais pas si bien dire)

    Nous reparlons un peu des enfants, je dis que je les trouve changés, ma fille rassurée peut être de savoir qu'elle va assez bien. Et elle accepte une ou deux sorties avec moi. La psy conseille de proposer aux enfants, un à la fois de sortir prendre un pot quand ils sont assez casaniers, je dis que je le fais mais ma fille refuse. Puis je dis que je trouve mon fils très prévenant quand je reviens de voir mon père elle redit que mes enfants sont supers.

    Cette séance a en quelque sorte un peu récupéré le choc de la précédente, je ne reverrai plus cette psy, plus tard j'aurai repris un rendez vous en vue de faire une thérapie de groupe d'affirmation de soi que j'ai annulée le matin même de la séance car je ne le sentais pas du tout. Je n'ai jamais regretté.


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