• Ce passé douloureux, chapitre 2, partie 4

    Janvier 98

    2 ans de thérapie, je commence, enfin c’est la 2ème fois seulement que je parle d’inceste, je fais le lien entre mon mal être et le traumatisme au cours d’une séance seulement.

    Chez ma psy :

    Il vaudrait peut-être mieux oublier, je l’ai fait depuis 30 ans et ça n’allait pas plus mal !!!

    La psy :
    - Non il ne faut pas oublier, il faut s’autoriser à se souvenir pour ne pas transformer cette douleur en autre chose

     C’est dur, c’est si dur

    - Je comprends

    Si mon frère avait vécu j’aurais pu lui dire ma colère, ma révolte, mais là, non, ça m’aurait peut-être aidée, il m’a gâché une partie de ma vie. Pourquoi c’est encore si présent dans ma tête ?

    - C’est plutôt de bonne augure si c’est présent, c’est pour faire le travail, avancer, pour ne pas transformer en d’autres maux.

     

    Je reparle de ma culpabilité, mais ce n’est pourtant pas de ma faute, je ne savais pas ce qui m’arrivait.
    (aucune réassurance sur la culpabilité)

    Février 1998, mon anniversaire
     

    Mon mari va chez mon père et lui dit que c’est mon anniversaire, celui-ci me téléphone le soir en me disant: je ne sais jamais la date je me rappelle de celui de ton frère et de sa femme (le même jour que moi) mais pas du tien, je ne sais plus quand tu es née.                                  
    (Mais ai-je existé, moi ?)

    Mars 1998


    Dans le même temps j’essaie et démarre une autre méthode basée plus sur le corps: le focusing. Cette méthode qui est difficile à expliquer comporte aussi un temps de parole, cela me permet de mieux supporter ma thérapie analytique. Les propos de la psychiatre me font trop mal:

    "Travail sur la douleur et résistance aux changements":

    -On trouve un certain confort dans la douleur, c’est comme un cocon qui vous enveloppe, c’est une sécurité !!!

    -C’est difficile de quitter un état connu quand on est habituée.

    -Tout lâcher: c’est peut-être lâcher et quitter la souffrance, l’enfance, le passé, le  vécu.-Etre seule avec sa douleur, pour mieux l’entretenir, la cultiver: "mimétisme maternel"


    Aujourd'hui je peux le comprendre mais à l'époque cela m'a fait beaucoup de mal!!!

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  • Commentaires

    2
    Mardi 4 Novembre 2008 à 16:25
    Je pense que sans avoir le même vécu, nosu avons beaucoup de choses en commun, déjà celles d'avoir connu cette grande souffrance d'être prise pour un objet. Et ce n'est pas rien!!!
    Une vie normale? je pense que je l'ai maintenant.
    Mon mari est un grand soutien, il me semble moins fort depusi qu'il a eu un cancer il y a deux ans, je l'ai beaucoup soutenu à mon tour.
    Tu m'avais manquée pendant cette interruption

    je t'embrasse, à bientôt de te lire
    1
    Dimanche 2 Novembre 2008 à 22:49
    A te lire,cela m'amène pleins de questions sur ma difficulté à aller de l'avant, de continuer ma vie?...Effectivement, il est très dur de laisser toute cette douleur derrière soi, ça colle: à l'âme qui souffre, au corps qui se souvient, au cœur qui doute,à la raison qui analyse chaque être du sexe opposé avec circonspection. Je ne sais pas encore comment faire, pour , comme l'on m'incite, avoir une vie "normale",moins isolée, sans crainte. C'est une bénédiction pour toi d'avoir un tel soutient de ton mari, c'est admirable! Quand on voit cette défaillance de tes proches...Votre couple est une force pour toi! J'ai profité d'un séjour chez mon fils aîné, pour te lire, vu que chez moi, Internet est en panne, depuis quelques jours. Tu as bien avancé dis moi... Bisous Paquerette, continue
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