• Novembre 2001

    Quelle quantité de démarches à faire après le décès de mon père et je suis seule pour cela, ma nièce qui a 31 ans et pas du tout mure ne s’occupera de rien. D'abord les vignes, le cousin qui faisait le travail dans celles-ci nous rend visite pour nous annoncer qu'il arrête d'en faire une partie, celle qui me concerne car mon père avait fait ses partages il y a déjà longtemps en ce qui concerne vignes et terres. Il continuera de cultiver les vignes de ma nièce pour facilité pour lui au niveau des emplacements. Il me conseille donc de mettre en vente les parcelles qui m'appartiennent, comme je n'y connais rien du tout je lui fais confiance. Il donne des noms d'acheteurs potentiels que je connais car ils habitent ma commune de naissance. Mon mari m'épaule en téléphonant à ces personnes et le plus gros viticulteur de son village trouvera différents acheteurs, lui y compris. Je dois aussi voir tous les dossiers administratifs de mon père, ma belle mère n'étant pas capable de s'en occuper m'a donné la totalité. Tout cela provoque un énervement important d'ou découle un état d'épuisement et toujours les problèmes digestifs et les brûlures de bouche. 

    Je vois un homéopathe connu et me livre, il trouve que c'est important tout ce qui s'est passé avec mon père pendant sa fin de vie. Il dit que j'ai eu de la chance de rencontrer JALMALV et que c'est une asso très bien. Il ajoute que je suis encore dans la douleur de la perte mais qu'il faudra en sortir. Pour ma bouche il dit que c'est une glossodynie due à une grande fatigue nerveuse. Il ajoute que le corps tout entier a été secoué. Il me donne un traitement pour tout cela, les échanges m'ont apaisée et je suis rassurée pour mes soucis digestifs il pense que cela vient du foie. Sa femme est sophrologue, je vais essayer de la voir pour des séances.

    Par contre je réalise bien que je suis dans une phase d'excitation et d'énervement et c'est ce qui me fatigue le plus, il va bien falloir que je me calme et que je trouve un équilibre!

    Je revois mon généraliste qui me pointe que je ne prends pas soin de moi, après m'être occupée de mon père j'entreprends un tas de choses qui m'épuisent au lieu de me reposer. Il pense que c'est une mycose buccale que j'ai et donne le traitement pour cela. Je lui dis que mon psy est absent pendant 3 semaines et que cela m'angoisse, nous discutons et il me conseille pour la sophro. Il parle de décompensation un mois après un décès, moi je ne le pense pas.

    Je téléphone au prêtre que je rencontrais l'année passée et il me dit de prier mon père maintenant, que c'est toujours dur de perdre les siens. Encore une fois cela me fait du bien!

    Puis je commence donc la sophro chez l'épouse de mon médecin homéopathe. Le première séance est surtout un échange, elle m'explique sa méthode et je dois lui dire pourquoi je viens. Bien sur je parle de ma dépression et du décès de mon père mais comment nier le reste, je suis donc amenée à lui raconter brièvement mon histoire. Elle trouve que j'ai des ressources en moi, que c'est engrammé et que je peux les retrouver. Ces ressources sont à l'intérieur de moi il faut que je trouve le chemin pour m'en sortir. Elle pense m'aider à travailler sur les sensations corporelles que j'éprouve, que la sophro va surement m'aider à dépasser cette période de crise. J'évoque la somatisation, elle me dit de ne pas me juger pour cela mais d’accueillir les maux. De vivre avec car ils font partie de moi, c'est le corps qui réagit au manque de respect que j'ai pour lui. 

    On fait une séance de sophro, j'ai du mal à lâcher au début et j'ai des idées parasites. Elle me dit d'écrire sur un carnet après la séance ce que je ressens pendant la séance. De mettre en mots aide à mieux ressentir en séance. Et puis je dois pratiquer tous les jours pendant 10 minutes. Un rythme tous les 15 jours pendant plusieurs séances sera bien, je repars assez contente.

    Dans ces semaines là beaucoup de choses me tombent dessus, je suis obligée de consulter pour une trachéite qui me vaut une prise d'antibiotiques. Deux jours plus tard le mal de gorge a empiré, je revois un médecin remplaçant il ajoute de la cortisone car c'est très enflammé.

    Je reverrai mon médecin la semaine suivante, il me remet sous antibiotiques car les sinus sont pris. Pour ma langue il fait un prélèvement et m'adresse à un stomato, il ne sait pas ce que c'est.

    Pendant ce temps j'accompagne mon mari chez son gastro-entérologue pour son suivi digestif pour son endo-brachyœsophage, le médecin dit que c'est un cas embêtant il va faire un courrier au médecin du travail afin d'arrêter le poste de nuit car les sandwichs et les horaires irréguliers aggravent le problème. Il donne un traitement pour l'acidité et lui refera des examens tous les 5 ans. Je suis inquiète, cinq ans plus tard juste on découvrira son cancer. 

    Je revois mon psy après ses "longues" semaines d'absence. Je lui dis que cela va un peu mieux mise à part les problèmes physiques, j'explique la bouche, les migraines, les soucis digestifs et les problèmes ORL ces derniers temps. Lui aussi dit que le corps se plaint de la façon dont je le traite, il parle d'un manque d'immunité créé par la fatigue. Il trouve qu'il faut laisser le temps au corps de récupérer, que je suis toujours pressée. Je lui parle de notre séjour à Belle-Île et que j'avais pourtant dit que je n'irai jamais car c'est là que mon frère avait eu son accident mais j'ai apprécié cette sortie avec des moments de tristesse tout de même. Il dit que c'est un souci de réglé! 

    Je parle ensuite de la Toussaint et de mes émotions mais ajoute que c'est devant la tombe de mon frère qu’elles ont été les plus fortes et pourtant j'y retournais avec des fleurs pour la première fois depuis 2 ans. On évoque bien sur la mort de mon père qui me manque surtout sa tendresse des dernières semaines. Mais je suis contente d'avoir pu lui parler et d'avoir eu ces échanges. Bon la culpabilité de lui avoir parlé il y a un an est là car il est tombé malade peu après. Il pense que je lui ai dit des vérités et à travers lui à mon frère. Le psy dit que j'ai dépassé une certaine souffrance par rapport à l'inceste mais qu'il y en a encore un peu en raison de la culpabilité d'avoir parlé à mon père. Puis il dit; est-ce que je vais découvrir la femme qui est en vous? qui vit pour elle sans toute cette souffrance et avec quel objectif?

    Alors je pointe ce qui est positif pour moi:

    -Je suis bien chez moi

    -Je suis bien avec mon mari et mes enfants

    -Je ne suis plus dans la contrainte, je n'ai pas repris mon travail et n'en ai pas du tout envie.

    Il me demande ce que je fais pour moi? je dis que j'ai commencé la sophrologie, des séances de fasciathérapie et que l'on programme un voyage au brésil en Février prochain pour mes 50 ans, tous les cinq.

    Il trouve que je vais trop vite, que j'ai réglé un problème (l'inceste) que j'en attaque déjà un autre (le deuil de mon père), il dit de voir les petites choses à court terme mais pas de penser déjà au travail, au voyage. (Bon il n'est jamais content). Il pense aussi que c'est beaucoup trop tôt pour diminuer mon traitement sauf si cela ne me gêne pas de ne pas dormir, non je ne supporte pas.

    Il conclut ainsi: Maintenant que tous ceux qui étaient partie prenante dans votre histoire (votre père) ou qui vous ont fait du mal sont partis, en sachant ce que vous avez subi, vous allez penser à vous. Prenez le temps de vous chouchouter, de tout faire dans le calme, de faire des pauses.

    Il avait dit aussi avant; je suis sur que vous avez fait déjà plein de formalités. J'ai répondu oui j'ai vendu les vignes, j'ai vu deux fois le notaire, j'ai fait les démarches dans les banques. Il répond pfft, avant de me dire au revoir. Il m'a parlé du prêtre que je rencontrais aussi et qu'il m'avait indiqué, ce prêtre a un cancer et vient d'arrêter la chimio, je suis confuse.

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