• L'après décès de mon père

    Les jours qui ont suivi ont été très douloureux entre migraines et insomnies. A la sépulture l'église était pleine mon père était quelqu'un d'apprécié et de connu puisqu'il avait été président du club du 3ème âge. J'avais choisi les chants pour cette sépulture j'ai eu des échos ensuite par des gens qui ont vraiment apprécié. Et puis avec émotion j'ai eu le courage de lire le poème brésilien, on aurait entendu une mouche voler. Je trouvais qu'il montrait une image de la vie de mon père très juste. L'assemblée est très priante et chantante, c'est chaleureux. Au cimetière je n'ai pas voulu m'approcher de la tombe ouverte je pensais trop que ma mère était là même si cela faisait 16 ans qu'elle était décédée mais je ne voulais pas refaire de cauchemars de cimetière. Nous allons ensuite à la maison de mes parents pour un verre de l'amitié mais il y a beaucoup de monde et je suis épuisée avec des gros moments d'angoisse j'ai envie de rentrer.

    A la maison je peux être moi au moins et me reposer ce qui n'est pas gagné avec mes insomnies qui ne cèdent pas aux anxiolytiques et neuroleptique.

    La relation avec ma belle-mère s'est très bien passée pendant ces jours de deuil c'est déjà ça.

    J'ai obtenu un rendez-vous en urgence chez mon psy deux jours après la sépulture.

    - Mon père est décédé.

    - Il me semble que c’est une chose à laquelle vous vous attendiez vous et lui après tout ce que vous vous êtes dit le mois dernier.

    - Oui mais j’étais en cure et je me reproche deux choses. Mon portable ne captait pas et je n’avais pas donné le fixe à l’hôpital ni à ma belle-mère. L’hôpital a laissé un message à 5h45 et à 7H mais je suis sortie seulement à 9H30. Et puis j’en veux au médecin que j’avais eu à 19h30 la veille et qui m’avait rassurée disant que mon père allait mieux qu’il lui avait enlevé l’oxygène. Mon mari est arrivé le soir et j’étais très contente, du coup nous avons pris la route seulement à 11H dimanche, j’ai eu des nouvelles tout au long de la route et nous sommes arrivés à 16H il était décédé depuis 13H30.

    - Qu’est-ce que cela aurait changé ?

    - Rien oui je sais.

    - Si cela pouvait changer des choses pour vous ?

    - Eh bien j’aurais voulu encore le prendre dans mes bras et lui dire que je l’aimais.

    - Vous aviez déjà fait tout cela le mois dernier.

    - Et bien j’aurais voulu encore l’embrasser chaud.

    - Mort et chaud ?

    - Non avant qu’il meurt.

    - Ok

    - Et j’aurais voulu qu’il me prenne dans ses bras, cela a été tellement rare ( une semaine)

    - Oui mais ça a eu lieu.

    - Oui je suis contente de cela.

    - Votre père a choisi de mourir avant votre arrivée.

    - Sans doute et l’image que je garde de lui vivant ça été il y a 15 jours quand j’ouvrais la porte de sa chambre pour partir il tournait la tête souriant en me regardant partir. Moi je savais que je prenais le risque de ne pas le revoir vivant. Mais je veux garder cette image-là dans la tête.

    - Vous avez raison.

    - Les jours suivant j’ai bien tenu le coup en augmentant un peu mon traitement mais je voudrais refaire le point dessus aussi. Avec ma belle-mère cela s’est bien passé je lui ai laissé sa place et elle m’a laissé la mienne. Il n’y a qu’au cimetière que j’ai craqué.

    - Oui il va falloir laisser les cimetières aussi. Votre père est là où il est, votre frère aussi, vous avez fait ce qu’il fallait avec l’un et avec l’autre maintenant il va falloir vivre.

    - Il y a eu ma cure aussi ou j’étais très fatiguée mais je me sentais apaisée et j’ai compris que j’avais pardonné à mon frère et après avoir vu mon père mort je me suis dit ça y est maintenant mon frère sait que je lui ai pardonné.

    - Mais oui.

    Je parle ensuite de la sépulture et j’ajoute que j’ai lu un poème, il est étonné et demande lequel je réponds le poème brésilien il ne connait pas comme je l’ai encore dans mon sac je lui passe il prend le temps de le lire et le trouve très beau. Je dis que j’ai failli flancher au milieu mais j’ai pensé à la force de mon père et je voulais le remercier de nous être rencontrés le mois dernier.

    -J’espère que la force de votre père va vous aider à vivre avec les joies et les plaisirs de la vie.

    - Oh moi aussi c’est ce que je veux et quand je disais que je voulais changer de vie l’autre fois c’est réel mais il me faut du temps.

    - Il faut voir les choses positives.

    - C’est tout un apprentissage.

    - Mais vous en êtes capable. Vous vouliez revoir votre traitement ?

    - Oui parce que je dors mal la nuit et je suis un vrai zombie dans la journée surtout le matin, hier j’ai fait une sieste jusqu’à 17H.

    - Vous prenez quoi ?

    - Deux effexor LP, un effexor 25, un tranxène 50, 10 à 12 gouttes de tercian et à 4H je suis réveillée je reprends 1/ séresta 10.

    - Oh là là je n’aime pas tous ces mélanges le tranxène et le séresta pas ensemble.

    - C’est parce que on peut couper les comprimés de séresta.

    - Oui mais on va changer cela. Il vaut mieux que vous preniez 1 séresta 50 le soir et 5 gouttes de tercian, c’est cela qui endort dans la journée. Et puis vous arrêtez l’effexor 25,  les 2 LP le matin vous continuez. Vous n’êtes pas en dépression, vous êtes triste et vous souffre mais c’est une situation normale, il faut calmer vos angoisses mais pas vous empêchez de pleurer. Je vous fais une ordonnance. Comment vous vous sentez là ?

    - Très fatiguée et parfois j’ai du mal à réaliser.

    - J’espère que vous allez pouvoir vous reposer maintenant.

    - Oui, je pensais aussi quand j’étais jeune nous étions quatre à la maison et je reste seule.

    - Mais oui.

    - Pensez aux bons moments qui vous attendent, recherchez les plaisirs de la vie.

    - Oui justement c’est bien compliqué depuis quelque temps.

    - Oui ce n’est pas étonnant que vous n’ayez pas envie de parties de jambes en l’air avec tout ce qui s’est passé.

    - Non mais mon mari ne comprend pas toujours, hier soir il était très fatigué lui aussi je pense que là il comprend et j’étais bien contente.

    - Tenez je vous cite une phrase de Don Helder Camara : La vieillesse est extérieure mais pas intérieure.

    - Ah oui, mon père disait à mon second fils duquel il était proche ; Profite de la vie car elle est courte et ça passe très vite.

    - C’est très juste.

    Il me raccompagne, demande si j’ai d’autres rendez-vous, je réponds que j’en ai un 10 jours plus tard.

    Je repars sonnée d’avoir pleuré surtout.

    C’est quand même très difficile les jours qui suivent surtout que mon changement de traitement ne favorise pas le sommeil alors les nuits trop courtes m’angoissent et me dépriment.

     

     

     

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