• Décembre 2001

    Je continue les démarches nécessaires après le décès de mon père et puis à la demande de ma belle mère je vais l'aider à faire du tri dans les affaires de mon père surtout les papiers et des parties de meuble ou il rangeait des affaires. C'est ainsi que je trouve dans sa sacoche une photo de mon frère à Belle-Île, la dernière avant son accident et une de moi quand j'avais 20 ans! cela me trouble, je suis très émue.

    Ma belle mère trie les vêtements que mon mari emporte à la banque alimentaire proche qui trie et redistribue.

    Une séance chez mon psychiatre:

    Je lui dis en arrivant que je n'en peux plus de l'inflammation de ma bouche, que le stomato a parlé des antidépresseurs comme possible cause. Il vient de recevoir de la documentation et me lit les effets secondaires, il n'est pas sur du tout que ce soit la cause. Il propose de faire un arrêt pendant une semaine et de voir et pour supporter augmenter un peu les anxiolytiques. Il me dit de l'appeler dans une semaine, on fait le point et s'il n'y a pas de changement, on essaie d’arrêter un autre médicament.

    Je lui parle de mes angoisses liées à mon absence au moment du décès de mon père surtout quand ma nièce, sa mère et ma belle mère en parlent. Et j'ajoute que j'ai du lui manquer en triant certaines de ses affaires, il y avait mon numéro de téléphone partout, des photos.............

    Le psy pointe que d'accord je lui ai manqué mais qu'il y a eu avant des échanges très intéressants, qu'il s'est passé beaucoup de choses. Oui bien sur mais il aurait pu s'en passer d'autres pendant ses deux dernières semaines. Le psy trouve que je me reproche toujours quelque chose, que l'on aurait pu penser qu'après la mort de mon père je sois heureuse, apaisée. (Je trouve qu'il exagère à peine un mois après le décès)

    Je dis que je suis contente de ce qu'il s'est passé mais que j'éprouve quand même de la culpabilité pour mon travail par exemple que je ne peux pas reprendre. Il pense qu'il va bien falloir reprendre car il ne faut pas que l'arrêt soit justifié par la souffrance (ma bouche). Puis il me dit: Mais quand est-ce que vous serez heureuse? Je réplique cette fois!

    Et puis je dis que la diminution des médicaments me fait peur et m'angoisse. On évoque des causes psychologiques plus que médicamenteuses, je suis d'accord.

    Il me remet sur le chemin de la culpabilité, oui je culpabilise de dépenser l'argent de mon père, on avait tellement de besoins mais ça file vite. Il pointe que c'est la petite fille qui parle de son papa, ce n'est pas la fille adulte de son père. Je dis que ma belle mère le pense et le raconte à tout le monde autour d'elle, ce n'est pas vraiment agréable. Le psy dit que soit je me bats pour me défendre soit je m'en fiche. J'ajoute que je n'ai plus le courage de me battre surtout pour ce genre de chose.  Mais ma belle mère se plaint car ils avaient des comptes séparés et elle dit que mon père ne lui a rien laissé. Mais moi je n'y peux rien et mon père savait ce qu'il faisait. Elle ne peut pas l'avaler.

    Le psy me demande s'il y a des choses que je ne peux pas avaler moi aussi. Oui les brûlures ont commencé le lendemain de la Toussaint et ce jour de Toussaint au cimetière à une amie et en ma présence, ma belle mère disait qu’elle avait le droit de rester 6 mois dans la maison. Alors que je lui ai toujours dit qu'elle reste le temps qu'elle voulait, elle m'a fait vraiment honte. Et puis aussi un de ses fils m'avait appelée pour dire que sa mère avait été coupée de téléphone car le prélèvement avait été refusé, j'ai donc envoyé un chèque aussitôt pour que le nécessaire soit fait et quand j'ai rappelé son fils pour lui dire il a pointé que j'avais retiré de l'argent sur un compte de mon père (sous-entendu que je pouvais payer) cela n'est pas passé!!! Le psy comprend mais dit, vous avez trois solutions:

    1) Ne rien dire à votre belle mère et supporter ses allusions.

    2) Lui dire qu'elle vous fait chier poliment et que ce ne sont pas vos affaires.

    3 ) Ou lui donner une somme d'argent pour soulager votre conscience.

    Je réplique aussitôt en disant que NON surement pas, elle se vantait toujours qu’elle dépensait l'argent de mon père car il en avait et elle en profitait. (en fait après avec ma nièce nous lui avons donné la somme correspondante à ce retrait comme si c'était passé par la succession) Alors je dis que je ne suis pas capable de lui dire que ce sont ses affaires. Mais on ne va quand même pas lui payer l'eau, l'électricité et le fioul pourtant elle se plaignait car il fallait qu'elle en fasse rentrer. Le psy demande si c'est clair, oui! puis il demande si ma bouche me brûle plus quand j'en parle? Je dis que j'ai la bouche sèche mais que quand je n'en parle pas, ma salive me brûle. On essaie de creuser un peu sur mes regrets, ma culpabilité d'avoir révélé l'inceste à mon père, ma fatigabilité. On en déduit que c'est sûrement bien autre chose que physique.

    Le psy me conseille de retourner voir le prêtre qu'il m'avait fait rencontrer, je dis que je n'ose pas depuis que j'ai appris qu'il avait lui aussi un cancer. Le psy insiste pour que j'aille lui demander si j'ai le droit d'être heureuse et de ne plus souffrir après la mort de mon père. Il trouve que c'est une bonne question pour réfléchir cela.

    Une séance de 40 minutes et je repars apaisée me disant que nous avions bien avancé.

     

    Quelques jours plus tard je suis en plein dans les effets du manque: décharges électriques dans tout le corps, angoisse +++, diarrhée, larmes etc je ne sais plus quoi faire, et ma bouche me brûle autant. J'appelle mon amie Thérèse ancienne infirmière psy, elle m'écoute, me réconforte et explique que certains médicaments donnent ce genre de symptômes. Quand je lui dis que ma bouche ne m'a pas brûlée pendant 3 jours au moment de ma trachéite elle dit que je culpabilise de ce que je dis (mon psy m'avait dit la même chose). Je réussis à joindre mon généraliste ensuite, il conseille pour diminuer un médicament et augmenter un peu un autre. Il m'a rassurée et comme on est samedi matin cela va m'aider à passer le week-end. Mais toujours des symptômes avec en plus des nausées, douleur à l'estomac. C'est pénible je suis épuisée et malgré l'aide de mon mari je doit bien faire un minimum avec les enfants, préparation des repas et linge au moins.

    Après le week-end quand je rappelle mon généraliste il parle d'hospitalisation, il va appeler mon psy. Il me rappelle plus tard, mon psy n'est pas pour une hospitalisation. Le généraliste me fait deux propositions; aller aux urgences psys ou reprendre un antidépresseur, aucune des deux ne me convient. Je réfléchis, en parle avec mon mari, pour lui le choix est vite fait il a un trop mauvais souvenir de la première hospitalisation en 1995. Mon fils appelle il serait plus pour une hospitalisation lui, il m'a vue trop mal ce week-end mais demande si c'est vraiment le bon moment pour arrêter un traitement. Avec la réflexion de tous je rappelle mon généraliste pour dire que j'avais pris la décision de reprendre un antidépresseur et des injections d’anxiolytiques comme il le proposait. Mon mari ira chercher l'ordonnance et je commence le traitement aussitôt. Je suis un peu rassurée et apaisée par l'injection car je me sentais en insécurité mon mari étant de nuit en plus. Dès le lendemain les angoisses ont diminué et je peux aller à ma séance de sophro.

     

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