• Chapitre 5, partie 14, vivre quand même le quotidien............

      Juin 2000

    Une journée pour reprendre un peu d'énergie après cette longue et difficile séance chez mon psychiatre.

     

    Deux jours après, le dimanche nous sommes invités à déjeuner chez mon père et ma belle mère. cette dernière dès notre arrivée me reproche d'arriver trop tard, il devait être un peu avant 13H. Elle nous attendait à midi ! il fallait qu'elle le dise et avec nos enfants ados ce n'est pas toujours facile de démarrer tôt.

    Je me souviens encore de ce déjeûner, entre ma fille qui pleure car elle ne voulait pas venir, mon père qui ramène sans cesse des vieux souvenirs du genre " tu te souviens, ton frère faisait des cabanes............ou bien tu te rapelles de maman qui disait ci ou ça..........." avec le travail de thérapie actuel sur ma famille, c'est plus que douloureux et pourtant je fais bonne figure comme toujours, je protège tant mon père.

    Après le repas mon père nous emmène faire une promenade autour du village ( décidément quel est ce besoin qui lui fait ramener autant le passé, ce n'est pas son habitude, pas autant toujours bien ! sent il sa fin prochaine ? ) et on passe devant notre ancienne maison, il conte encore d'autres souvenirs, je ne vois que le jardin et l'emplacement de ces fameuses cabanes, là ou se passaient les abus. Quelle souffrance intérieure je contiens, quelle émotion m'habite !!!

    Le journée est interminable pour moi, j'ai hâte de retrouver ma chambre, mon espace.

     

    Le lendemain je ne peux m'empêcher d'avoir des pensées pour ces lieux de mon enfance, ces lieux ou j'ai souffert et d'autres souvenirs se précisent. Une autre cabane dans un arbre, j'aimais bien y monter, j'ai toujours adoré escalader des lieux un peu difficiles, mais c'était une oeuvre de mon frère, il y venait aussi et voilà je me souviens à ce moment là de jeux interdits, je devais me taire, surtout ne pas faire de bruit quand des personnes passaient sous cet arbre ou à proximité, il m'imposait le silence. Ce sont des souvenirs terribles, je me rends compte qu'il n'y a pas eu qu'une fois, celle dont je me rapelle depuis 4 ans, mais bien d'autres fois, j'étais plus petite et cela a duré des années.

    Je me souviens, et ce devait être à cette période, que je dormais tout habillée pendant l'été. On peut comprendre pourquoi maintenant.

    J'ai toujours pensé depuis cette année là, que mon frère avait "joué" avec mon corps pendant des années jusqu'au viol qui a mis fin à ces abus, mais je n'ai toujours aucun souvenir de l'après viol.

     

    Revenons à cette année 2000, nous sommes fin Juin et mes fils sont à la maison, l'ainé a terminé son année d'études en Angleterre et est rentré pour rechercher du travail, mais il a décidé de partir en Août en Andalousie avec copains et copines. Le second est en fac et les cours sont terminés, il travaille en 2/8 dans l'entreprise de son père, il est donc beaucoup présent. Ma fille passe le brevet des collèges et ne va pas tarder aussi à avoir toutes ses journées disponibles. J'ai aussi une petite fille handicapée que j'accueille à temps plein jusque fin Juillet.

    Je dois tenir le coup, je dois faire face, je contiens, j'ai du mal mais je n'ai pas le choix.

     

    Je me décide à rappeler la psycho-sophrologue comme elle me l'avait demandé pour lui raconter ma visite au cimetière, elle me félicite, je lui fais part de la remontée d'un nouveau souvenir, elle me dit que l'on verra ça et qu'elle me refera crier si besoin.

    J'apelle aussi l'asso, la présidente me rappelle ensuite, je lui fais part de toutes mes démarches, elle me félicite elle aussi et m'explique la progression.

    J'ai ce besoin à cette période de me sentir soutenue, écoutée, prise en charge.

     

    Mon fils ainé qui doit sentir les choses essaie de me reparler de toute cette histoire ( il faut dire que je lui en avais fait part juste avant qu'il ne parte pour l'étranger et que lors des petites vacances nous en parlions peu), je lui parle de mon cheminement, nous avons un super échange, il avait besoin d'être rassuré je pense.

     

    Mais les jours à la maison restent difficiles pour moi, je suis surtout épuisée par la charge de la maison en même temps que ce travail de thérapie.

     

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