• Chapitre 5 .................page 9 - Septembre 2001

    Une séance de thérapie avancée à ma demande car c’est trop dur.

    • Alors Madame ?
    • Mon père est à mourir et c’est très dur.
    • Oui c’est sûrement difficile.
    • Mais il s’est passé beaucoup de choses. J’avais donc décidé de partir en cure et je pensais le dire à mon père il y a quelques jours mais je l’ai trouvé plus fatigué et n’ai rien dit. J’avais essayé de vous joindre pour avoir votre avis sur les injections de tranxène qui m’apaisent mais ne m’endorment pas quand je suis près de mon père.
    • Hum
    • Son état s’est aggravé samedi, il a eu une grosse infection avec beaucoup de température et il était dans le coma. Le dimanche matin il était lucide et la personne de JALMALV est venue le voir, quand j’y suis allée après il m’a dit en pleurant je vais mourir. C’était la première fois qu’il parlait de la mort.

    Je sors mon cahier ou j’ai tout noté par rapport à ces 4 jours remplis d’émotion près de mon père, car je n’arrive pas à me concentrer et je le lis au psy.

    • C’est bien ce que vous avez fait, l’amour est thérapeutique, n’hésitez pas à passer beaucoup de temps près de lui il en a besoin et vous aussi.
    • Oui mais c’est dur de tenir le coup, je suis épuisée.
    • Oui mais c’est mieux que de rester ruminer chez vous.
    • Je suis prête à passer la nuit près de lui s’il le faut mais si cela doit durer dans le temps, je ne m’en sens pas capable.
    • Je comprends ce que vous voulez dire, mais passez du temps près de lui , après vous serez satisfaite.
    • Je ne pensais pas être capable de dire tout cela et de faire tout cela. Après tout ça et vu son angoisse de ce matin j’ai envie de lui demander s’il a peur de mourir tout seul.
    • Dites-lui que vous serez près de lui et l’accompagnerez lors du grand passage. Bon on va s’arrêter là, si vous avez besoin n’hésitez pas à appeler ou à demander d’avancer un rendez-vous.
    • Oui là je n’ai plus de rendez-vous comme je partais en cure.
    • On va regarder cela.

    Il sort sans rien dire de plus pour une fois, il respecte ma douleur sans beaucoup de paroles. Avec la secrétaire, il me donne un rendez-vous pour la semaine suivante et me dit au revoir simplement. Je repars émue mais apaisée.

     

    Je parcours les 35 km qui me séparent de l’hôpital local ou se trouve mon père. Celui-ci est fatigué et sa voix est basse mais je le trouve cohérent. Ses paroles :

    • Ils prévoient quand l’enterrement ?
    • Quel enterrement ?
    • Le mien tiens.
    • Mais papa tu es encore là, on ne peut pas savoir tu sais bien que le bon Dieu vient nous chercher quand il l’a décidé.

    Il parle un peu de ma nièce demande si elle va mieux. Puis il parle de l’herbe dans son jardin, il sommeille par moment jusqu’au déjeuner  Je le fais manger un peu il n’a pas très faim. Puis je sors téléphoner à mon mari pour donner des nouvelles et je vois l’infirmière, lui dis comment je trouve mon père elle note son angoisse. Elle dit qu’il a fait un beau travail et moi aussi et que le médecin traitant est très content. J’ajoute pour ma part que c’est grâce à l’aide de la personne de JALMALV.  Je retourne dire au revoir à mon père, il pleure.

    Le soir j’appelle l’hôpital pour nouvelles, l’infirmière me dit que le généraliste est passé et qu’il a augmenté les anxiolytiques et la morphine et qu’il l’a sédaté pour la nuit, cela me rassure.

     

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