• Chapitre 5 page 10…………….Septembre 2001

    Chapitre 5 page 10…………….Septembre 2001

    Ma vie est reliée à la santé de mon père et cette dernière est en dent de scie, oh il ne va pas beaucoup mieux mais il est plus apaisé ses douleurs calmées à peu près, il reprend même à manger seul. Et moi je m’épuise complètement  et cela provoque d’énormes angoisses. J’ai l’occasion de revoir la personne de JALMALV puisqu’elle visite l’hôpital et donc mon père une fois par semaine. Cette fois-là je lui confie mes angoisses et ma fatigue elle pense que je pourrais partir en cure qu’au pire ce qui pourrait arriver c’est que mon père décède pendant ce temps mais de toute façon nous nous sommes tout dit et c’est vrai. Je me décide à appeler le médecin de mon père pour voir ce qu’il pense de son état. Il le trouve stationnaire mais plutôt mieux, cependant on ne peut rien prévoir. Il ajoute que mon père a beaucoup parlé et que c’est très important.

    Mon fils ainé est rentré un week-end de l’étranger ou il travaille, pour voir son grand-père mais il ne se passe pas grand-chose, mon père n’est plus dans la communication émotionnelle c’est passé.

    La santé de mon père s’améliore vraiment, les kinés le lèvent dans son fauteuil, le font tenir debout quelques minutes et il est très content. Il est question de sa sortie du service de moyen séjour, je vais voir la surveillante  à qui je dis qu’un retour au domicile est impossible pour ma belle-mère alors on pense à une maison de retraite et mon père est complètement d’accord.

    Ma belle-mère me dit que c’est bien dommage que j’ai annulé mon départ en cure et du coup cela me fait réfléchir, je me renseigne et il y a encore de la place alors je me décide à partir le week-end suivant mon second fils viendra ma conduire à Néris les bains. Ces préparatifs m’aident à rebondir et cela va me permettre de reprendre des forces pour les semaines ou les mois à suivre.

    J’ai annoncé ce futur départ pour trois semaines à mon père qui n’a pas trop réagi mais il l’a dit à sa femme qui elle, a beaucoup plus de mal et me le fait savoir.

    Une nouvelle séance de thérapie

    Pour une fois c’est moi qui commence sans que le psy me donne la parole et je dis que mon père va plutôt mieux, il n’est plus dans cet état aussi grave que la semaine précédente. Et j’annonce que du coup je me suis décidée à partir en cure le week-end suivant.

    -Bien en tout cas vous voyez que votre vie ne tient pas qu’à la santé de votre père et en exagérant un peu, si cela devait durer 10 ans il vous faudrait  bien vivre.

    - Oui après sa journée de coma et après avoir beaucoup parlé de la mort, il demandait quand aurait lieu son enterrement. Après tout cela il a été très angoissé et son généraliste lui a donné plus d’anxiolytiques et il a été plus apaisé.

    - Oui sous morphine c’est comme les gens sous sérum de vérité ils disent tout ce qu’ils pensent.

    - Oui je suis étonnée qu’il se soit dit autant de choses.

    - C’est peut-être pour cela qu’il va mieux maintenant il a tout mis en ordre et il est rassuré.

    - Oui après les émotions fortes des premiers jours, cela a été tout ce qui concernait le matériel. Là je viens de lui dire que je partais en cure, il ne réagit pas trop. Au mois d’Août après avoir vu une première fois la personne de JALMALV il avait été mieux aussi. Elle lui avait parlé de la mort mais il n’en avait pas parlé, cette fois quand je suis rentrée après son passage il pleurait et me disait je vais mourir.

    - C’est sûrement tout ce que vous avez pu lui dire qui l’a engagé à parler.

    -  Oui c’est souvent lui qui démarrait mais je parlais dans son sens, mais que c’est épuisant. Souvent en rentrant le midi je faisais une sieste de 2H mais bon je ne dors pas très bien la nuit non plus. Mais là je me prépare à partir en cure et cela m’aide à tenir.

    - Oui j’espère que vous allez vous détendre et vous reposer.

    - Oui c’est en fin de semaine dernière quand son état s’est amélioré que j’ai commencé à avoir de très fortes angoisses.

    - Bien sûr.

    - Je ne pars pas vraiment sans inquiétude.

    - C’est normal mais je pense que quoiqu’il puisse arriver tout a été dit de votre part et de la sienne, vous pensez que d’autres choses pourraient être dites ?

    - Non je ne pense pas.

    - Et comment vous vous situez par rapport à son départ ?

    - Je ne sais pas du tout car quand il était si mal j’étais prête, mais maintenant qu’il va mieux je me raccroche.

    - Vous vous raccrochez à quoi ?

    - Je ne sais pas mais j’aime bien passer des moments à parler avec lui.

    - Hum, hum.

    - Mon fils me dit qu’en un mois j’ai rattrapé toute ma vie avec mon père.

    - C’est sûr.

    - C’est vrai que quand il faisait le bilan qu’il demandait s’il avait bien fait ceci ou cela, je n’allais pas lui dire qu’il avait été un père absent et que nous n’avions jamais parlé ensemble.

    - Non vous avez dit les mots qu’il fallait pour l’apaiser.

    - Oui surtout qu’il a très peur de la mort. Je sais maintenant qu’il voulait reparler de l’histoire avec mon frère, je lui ai dit de demander pardon euh non c’est la seconde fois que je me trompe. Je lui ai dit que je pardonnais à mon frère.

    - Vous vous trompez comme si vous étiez quoi ?

    - Coupable.

    - Oui et je me demande bien coupable de quoi, c’est comme si vous vouliez vous excuser près de votre frère pour ce qui s’est passé, vous le pensez ça ?

    - Non pourtant.

    - Bon pour le pardon il y a 15 jours vous ne disiez pas ça.

    - Oui maintenant je l’ai dit à mon père, oh pas pour lui faire plaisir et d’ailleurs cela a été très difficile à dire. Je lui en veux encore à mon frère, je ne trouve pas ça normal.

    - Mais ce sont deux choses différentes, vous pouvez pardonner pour être en paix, pour quitter cet état de souffrance et trouver que c’est dégueulasse ce qu’il vous a fait que c’est aberrant.

    - ………………………Je trouve que c’est intolérable.

    - Mais c’est normal et j’espère que vous le penserez toute votre vie. Mais pardonner pour trouver la paix et ne plus être en souffrance c’est une chose différente.

    - Oui je pense aussi que le départ de mon père va me permettre de passer à autre chose, de tourner une page.

    - Que voulez-vous dire ? Comme la fin d’une histoire ? Je crois que pour tourner la page il faut accepter que l’on ne puisse rien changer à ce qui s’est passé.

    - Oui mais je pense que ce qui m’aide à pardonner  c’est que mon père m’ait dit que ma mère avait toujours peur que mon frère ne se suicide, il était vraiment détraqué.

    - Oui mais même détraqué on peut penser qu’il méritait la prison, la mort que sais-je ?

    - Mon père m’a dit aussi que ma belle-mère lui avait sauvé la vie et qu’il n’aurait jamais pu rester seul. Je pense qu’il voulait s’excuser de s’être remarié car il a bien vu que parfois c’était difficile pour moi.

    - Est-ce que ce n’est pas qu’il se rend compte de votre souffrance ?

    - Oui sans doute mais en partant en cure je vais reprendre des forces pour faire face à la suite car il y aura encore des moments durs.

    - Oui au moment du décès.

    - Je sais qu’il me faudra du temps. Je crois que la maladie et le départ de mon père me remettent dans des angoisses que j’avais pa=petite après ce qui s’était passé.

    - Vous pensez que vous avez des choses à vous faire pardonner par rapport à ça ?

    - Non

    - Bon je vous souhaite une bonne cure, reposez-vous bien

    - Merci je vais reprendre un rendez-vous pour dans un mois en rentrant

    - Oh oui.

     

     

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