• Chapitre 4, page 7; Fin mai 2001

    L'état de mon père empire à l'hôpital local, il souffre beaucoup du bas du dos, c'est du à ses métastases osseuses, il est défiguré, cela me fait vraiment de la peine. Ma belle mère réalise de plus en plus et est très pessimiste, elle le trouve fatigué. Il souffre en plus d'une épaule, le généraliste le voit et lui donne des calmants plus forts.

    Dans le même temps, avec mes angoisses qui sont récurrentes, j'ai aussi des douleurs de dos, je décide de changer de généraliste, mon psy m'a donné un nom pas très loin de chez moi. Je l'aurais encore s'il n'était pas parti médecin de la sécurité sociale fin 2003, dommage il m'a beaucoup aidée. La première consultation se passe bien, il me demande pourquoi je change, je dis que je ne me sens pas entendue pour mes angoisses par la généraliste précédente. Je dis tous mes problèmes de santé, toutes les causes de mes angoisses, il me demande de revenir une semaine plus tard pour revoir tout cela, car ça fait beaucoup. Je le trouve vraiment sérieux et compétent de proposer cela. Il est à l'écoute et prend le temps de discuter. En tout cas c'est précieux dans une période comme celle ci et cela me permet de m'apaiser.

    Mon père est de plus en plus fatigué, il souffre, il a un regard vide. Mon fils ainé qui fait ses études en Angleterre revient en vacances et va rendre visite à son grand père, il est choqué de le voir dans cet état là. De toute façon nos trois enfants sont choqués par la maladie de mon père, ma fille en particulier va mal, elle avait laissé une lettre trainer sur son bureau, elle va vraiment très mal et je suis très touchée, mon mari également et nous sommes inquiets pour elle.

    Séance de psy le 30-5-2001

    Le psy me trouve d'apparence mieux, je lui dis qu'il y a de meilleurs moments en particulier quand il y a des journées agréables, je suis capable de me sentir mieux. Puis je pointe que lors des visites à mon père, mon énergie passe à supporter ma belle mère, le psy trouve cela ridicule et me dit de me détacher de ce qu'elle dit. Je dis que j'essaie mais elle est insupportable et pas que pour moi. Elle n'arrête pas de critiquer tout ce que l'on fait, elle est jalouse quand je parle de mes enfants à mon père et voudrait parler de ses propres petits enfants. Mon père est content lui d'entendre parler de ses petits enfants. Le psy dit que j'ai plein de points sensibles et qu'elle le sent, elle sait ce qui me touche; mon honnêteté, mon envie de bien faire, d'être une bonne fille pour mon père...........le psy conseille d'essayer de dire comme elle, cela peut être marrant, elle ne saura plus quoi dire. Et moi qui me justifie tout le temps, le psy dit que c'est pour cela qu'elle continue. Puis j'ajoute que je suis très touchée par l'état de mon père; sa fatigue, son amaigrissement, sa souffrance, sa tristesse, son manque d'intérèt. Le psy dit que c'est le déroulement normal de la maladie. Je dis que ma belle mère aimerait bien parler à mon père de sa maladie et de la mort, j'ai répondu qu'il ne parlait pas et elle a dit que si ils parlaient tous les deux. Oui de la pluie et du beau temps, mais pas de choses profondes, je ne m'en mélerai pas de touue façon, il lui dit ce qu'il veut.

    Puis je parle de ma fille et de nos inquiétudes, le psy dit que c'est moi et ma façon d'apprécier la vie qui l'aidera, c'est de lui montrer que je suis capable d'être heureuse. Le psy dit après qu'elle est à la période charnière de l'adolescence, et que je dois l'écouter et lui raconter ce que je fais de bien pour moi dans une journée. Je dis que je me culpabilise car si elle va mal, c'est que je suis pas bien depuis longtemps. Le psy: ah ça marche pour vous la culpabilité, non elle fait partie de votre famille qui est aussi la sienne, ce n'est pas une famille marrante, c'est vrai, mais vous l'avez subie vous aussi. C'est comme ça et vous avez su garder la tête hors de l'eau car vous avez rencontré des personnes qui vous ont aidée. Et vous avez pu parler, parler, cracher votre histoire et lui faire passer le message qu'il faut parler, ne pas garder pour soi des choses douloureuses, que si on les garde longtemps comme vous, ça fait beaucoup souffrir. Je dis que je suis persuadée qu'elle a gardé toute cette histoire pour elle depuis que je lui ai raconté deux ans auparavant, qu'elle ne l'a même pas dit à ses copines. Le psy insiste pour que je lui redise que moi c'est de l'avoir dit qui m'a permis d'aller mieux.

    Je dis que mes trois enfants sont affectés par la maladie de mon père, le psy me dit de me montrer adulte, capable de faire face aux épreuves de la vie. Je pointe qu'avec ma fille nous étions proches et maintenant sur cette lettre elle parle d'indifférence, le psy dit qu'elle est à l'âge ou on veut prendre ses distances, se détacher, ce n'est pas facile. Puis le psy rajoute que pour la culpabilité, ma fille se sentira encore plus mal si je me sens coupable. Cet échange me fait quand même du bien, au jour d'aujourd'hui (2012) je trouve que le psy parlait vraiment beaucoup et j'aurais du mal à supporter maintenant, bon c'est un comportementaliste aussi.

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