• Chapitre 4, page 4; mai 2001, une séance de thérapie comportementale

     Je fais part à mon psy de l'angoisse que je ressens depuis la veille, moment ou nous rentrions de week end. Il me demande ce qui s'est passé, je réponds que je me suis réveillée dans un cauchemar et que depuis je ressens cette angoisse. Ce matin j'avais une migraine en me réveillant, alors je ne suis pas mieux. Le psy me demande quand est ce que je vais être heureuse! je réponds que mon père est gravement malade. Il me dit oui mais vous êtes adulte et c'est le lot de chacun de perdre ses parents vieillissants. J'ajoute que je me résigne pourtant mais que c'est difficile. Il reprend en disant qu'il n'aime pas ce mot "résigne".

    Je dis que c'est dur de voir mon père souffrir avec ses métastases osseuses. Le psy me demande si c'est sa souffrance ou sa mort qui me fait peur. Je dis que c'est sa souffrance dans la durée, que je ne tiendrai pas le coup! Le psy dit que cela ne peut pas être autrement que d'être affectée par cela!

    Puis j'évoque la culpabilité que je ressens car je lui ai raconté les abus de mon frère en novembre dernier, il est tombé malade en avril. Le psy me demande comment je fais le lien? je pense que le choc psychologique a été si important!!!Les paroles du psy: d'accord je comprends, mais je crois que les métastases osseuses existaient depuis longtemps, et il fallait lui dire ce que vous lui avez dit, c'était entre vous, maintenant vous pouvez avoir de vrais échanges avec lui. Cela lui a permis de souffler, vous comprenez?

    Je réponds que non et que de toute façon je suis sure qu'il ne savait rien. Le psy dit que c'était dans son inconscient, que maintenant les choses sont claires et que les mots qu'il peut lâcher montrent qu'il est soulagé. Je réponds qu'il ne dit rien à ce sujet et que je me demande s'il s'en rappelle. Le psy dit que si, c'est qu'il ne réussit pas à en parler encore, ce n'est pas son genre de parler de ce qu'il ressent. Oui c'est vrai et je le sais pourtant, on a toujours une attente envers ses parents pour de tels secrets.

    J'aborde les difficultés avec ma belle mère qui voudrait que j'aille voir mon père tous les deux jours, je sais dire non mais je culpabilise toujours. Je suis sa seule enfant en vie, je ne peux pas être tous les jours ou même tous les deux jours près de lui à l'hôpital, j'ai mon travail aussi et ma santé à préserver. Le psy dit que c'est normal d'accorder du temps à mon père, mais il faut poser mes limites.

    Je dis que tout cela me renvoie à la maladie cancéreuse de ma mère que j'avais très mal vécu 15 ans auparavant, et puis à celle de ma tante religieuse 3 ans avant. Et puis j'ai dit que mon frère s'est tiré lui (je ressens tellement de colère à ce moment là) et qu'il n'a pas eu à vivre tout ça !!! Le psy trouve que je m'en suis bien tirée, pas dans la mort, ni dans la maladie psychiatrique, ni physique.............

    Je lui précise qu'au niveau physique les soucis sont là quand même: migraines, douleurs de dos, eczéma........... Le psy me dit qu'avec le généraliste, ils vont m'aider à traverser cette période là.

    Puis j'évoque les aberrations entendues de la formatrice la semaine précédente ou je me contenais mais bouillais intérieurement. Le psy dit que j'ai bien fait de ne rien dire, que cela aurait compromis le reste de ma formation. Puis il ajoute que la formatrice donnait des statistiques, qu'elle n'était pas dans le vécu, que c'était ses connaissances cliniques. Que mon histoire était douloureuse et que je la vivais de l'intérieur. Il dit que le vécu qui fait le mieux comprendre et tout ce que j'entendrai sur les inceste frère - sœur m'interpellera et ne sera pas comme ce que je peux ressentir. Il ajoute qu'il ne peut pas non plus le ressentir, et que heureusement il n'a pas vécu tout ce que ses patients ont vécu.

    Et puis il dit que l'on peut souffrir pour beaucoup moins que cela, il prend le cas d'un patient dont les parents étaient partis au cinéma, et qui s'est senti complètement abandonné. Il en souffre encore aujourd'hui. Je rebondis aussitôt en racontant qu'une fois mes parents étaient partis au cinéma et mon frère avait ordre de me surveiller, sauf qu'il m'avait réveillée pendant la soirée pour me dire: je te défendrai si quelqu'un rentre! et il avait un grand couteau de cuisine dans la main. Quand mes parents étaient rentrés ils nous avaient trouvés couchés tous les deux dans leur lit avec le couteau au milieu, ils avaient eu très peur. Le psy dit que mes parents avaient favorisé l'inceste et que mon frère m'avait bien protégée !!!

    Le psy ajuste mon traitement et me propose de l'appeler si c'est trop dur.

    Je repars dans un état de tristesse et d'épuisement total, j'ai tellement pleuré............

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  • Commentaires

    2
    Samedi 8 Décembre 2012 à 09:49

    Bonjour,

    Je trouve que ces quelques derniers billets racontent enfin le fond de tes soucis... A mon avis, tu es en train de remonter à la surface. J'ai perdu mon père, aussi d'un cancer métastasé et je l'ai vu partir... C'était trés dur, mais il m'avait dit qu'il ne voulait plus se battre et en fait, la mort a été sa libération ; il n'empêche que j'étais inconsollable.... Je te dis ça pour t'expliquer que je peux comprendre ton angoisse face au futur départ du tien. On ne peut rien contre l'inévitable et la seule solution est d'accepter, car à ce niveau, pas d'autre voie... L'inceste, je ne l'ai pas vécu, mais j'ai subi "des viols" toute petite (2ans) dont je n'ai jamais parlé à personne.  J'ai la faculté de m'oublier ce dont je ne veux me souvenir ; c'est une gymnastique mentale difficile, mais faisable.... Toi tu as pris une autre voie pour solutionner ton problème et je t'admire....

    Courage et gros bisous!

    1
    Samedi 1er Décembre 2012 à 20:51

    Bonsoir Paquerette je ne sais où il faut te laisser ma réponse ... OUI c'est une question d'habitude de préparer la new afin que les aminautes sachent qu'un billet est produit ! bon courage dis moi !!! j'ai connu des moment si difficile que je ne veux rien me remémorer ! désolée ! bisous du soir !

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