• Chapitre 3, partie 9; nouvelle séance psy

     

    Au rythme d'une tous les 15 jours, ces séances ont étayé ma vie en 2001. Même si je me sentais mieux, j'avais besoin de mettre des mots sur ce que je vivais surtout, et encore un peu sur le passé.

     

    Je dis au psy pour une fois que je vais bien, il relève aussitôt, il n'a  pas tellement l'habitude de m'entendre le dire. Il me demande si j'ai la tête moins pleine, oui quand même et si elle me fait souffrir, je n'ai eu qu'une crise de migraine en 15 jours. Je lui fais part par contre des cauchemars de mort qui sont encore présents.
    Comme d'habitude il lit mon cahier, comme j'ai très peu écrit, il me fait la réflexion. Il conseille tout de même de noter les cauchemars pour voir le contenu, s'ils sont différents de ceux d'avant. Je réponds que le contenu est le même pour les cauchemars de mort, mais que je ne fais presque plus de cauchemars d'agression. Il me demande quels sont les morts dont je rêve, je lui dis: ma mère, ma tante............ en moyenne une fois par semaine. Il demande de détailler, je raconte pour ma mère; c'était au cimetière, on la déterrait pour l'enterrer ailleurs. Je ne voulais pas voir.
    Pour ma tante, on voulait la réduire pour la mettre dans le cercueil et je criais que je ne voulais pas savoir, ni voir. Il y avait l'odeur de mort aussi. Il trouve que cela fait penser à un film d'horreur, je dis que je n'arrive pas justement à regarder les films d'horreur. Il ajoute que dans mes cauchemars c'est comme si j'étais à l'intérieur d'un film, et que je fermais les yeux pour ne pas voir. Il veut savoir si je rêve toujours de ma mère et de ma tante, non d'une cousine âgée aussi à laquelle j'étais très attachée. Il demande si j'ai de la rancœur et de la colère envers ces gens là, envers ma mère et mon frère, oui, pas pour les autres. Il lui semble qu'il y a quelque chose de non résolu par rapport à la mort, et demande si ces personnes là étaient très liées à mon histoire. je précise que ma tante, non, par contre pour ma cousine qui habitait une maison mitoyenne à celle de mes parents, je pense maintenant qu'elle se doutait de ce qui se passait avec mon frère. Et puis, je n'accepte pas la mort des proches.
    Il dit que c'est bien ce que ces cauchemars veulent dire justement, et que je voudrais que les morts soient vivants ou pas complètement morts en tout cas, qu'ils soient dans la pièce à côté, mais pas trop présents. J'ajoute que sans doute, que je rêve souvent que ma mère revient aussi et que ma belle mère est là et que c'est très compliqué.
    Le psy conseille de retourner voir le prêtre. Je lui dis que pas longtemps avant en l'entendant parler d'amour, je me faisais la réflexion que j'aimais mon frère mais que je ne pouvais pas lui pardonner. Il trouve que c'est paradoxal et courant dans l'inceste, les enfants abusés par leur père, l'aiment aussi. Je dis que je déteste mon frère pour ce qu'il m'a fait, mais que d'y repenser encore, cela m'énerve, il précise que je ne peux pas oublier, c'est normal même si je n'en souffre plus, et que l'on peut éprouver les deux sentiments, amour et haine.
    J'ajoute que je fais souvent des cauchemars de bébés que je fais tomber aussi, et que je me réveille quand ils tombent.
     
    A la séance précédente, il m'avait demandé ce qui changeait dans ma relation aux autres, je précise qu'avec mon père et ma belle mère, il n'y a aucun changement, je ne les supporte pas, je les laisse parler en étant un peu en retrait. Il trouve que c'est très bien. Avec mes amies, je parle moins aussi, mais je ne me sens pas à égalité, je me sens nulle, moche............
    Alors il dit que l'on va maintenant travailler sur l'affirmation de soi, et il demande que j'aille au cimetière, dire à mes proches mon évolution et mes progrès depuis un an, et leur dire de me fichent la paix, car je ne leur ai pas dit.
    Et puis il ajoute que quand je fais des cauchemars d'horreur c'est comme si je maintenais une certaine "excitation", ce n'est pas le mot juste, mais une façon d'entretenir la douleur dans les cauchemars ( un peu dur à entendre cela ) Il me faudrait acquérir de la confiance en moi.
    Je dis que cette semaine là justement j'ai un peu plus d'estime de moi avec la seconde jeune que j'accueille. Il trouve que cela doit être lourd et que c'est bien, mais qu'il faudrait trouver du plaisir à me rendre heureuse moi au lieu de rendre heureux les autres et de faire des choses pour moi au lieu de les faire pour les autres. Je précise que je fais du yoga et prends des cours d'anglais. Il dit que c'est bien mais pas suffisant ( raaaaaa il est ch.... ) il faudrait plus travailler l'expression, faire sortir les émotions, comme le théâtre, j'y réfléchirai.
    A la fin il redit d'aller dans les cimetières, je lui réponds que je prends des vacances avant, on verra ensuite, il insiste en me disant que cela me fera du bien.
    Puis il me félicite en disant qu'il est content de l'évolution et et de ma réflexion.
     
    C'était une bonne séance dans le sens ou je me suis sentie bien ensuite, et c'est vrai que moi aussi, je me sens avancer.
     
    Cela ne m'a pas empêchée la nuit suivante de faire un nouveau cauchemar, mais cette fois c'était la mère d'une collègue qui était morte, elle me racontait cette mort cependant.
    C'est peut être un peu plus à distance.

     

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