• Chapitre 3, partie 3; fin décembre 2000

     

    Une visite de mon père , j'ai envie de lui demander quelques pécisions sur ma mère, mon frère, mais dès qu'il arrive, il parle de la météo, puis rejoint mon mari au garage et n'en revient qu'une heure plus tard, quand ma nièce et ma belle mère sont là. J'ai compris qu'il me fuyait comme s'il avait peur que je lui reparle de toute cette histoire.

    J'en fais part à mon mari le soir, il comprend ma déception, essaie de se mettre à la place de mon père et me dit si je vivais la même chose, je me rapprocherais de ma fille. je lui dis qu'ils sont tellement différents.

     

    Une consultation chez mon médecin homéopathe: il me dit que j'ai fait tout ce que je pouvais, que je n'ai plus rien à attendre des autres, que je dois lâcher prise, que je ne peux compter que sur moi même. Que j'espère comme une petite fille l'amour de son père. Il pense que les problèmes physiques montrent bien que je ne lâche pas assez, c'est ce qui manque au changement et qui est le plus difficile. Je ne me sens pas vraiment soutenue, juste constatée, enfin il donne un traitement pour aider.

     

    Je rappelle mon psy comme convenue pour savoir s'il a contacté le prêtre, oui il l'a fait. Ce dernier attend que je l'appelle. Le psy prend de mes nouvelles au téléphone, ce à quoi je suis très sensible. Quand je lui dis ma déception par rapport à la fuite de mon père la veille, il me dit qu'il faut le provoquer, je lui dis que j'attendrai les fêtes à passer.

     

    Je réussis à joindre le prêtre au téléphone, il a une voix agréable, me parait très simple, il demande si je peux attendre la semaine suivante, je lui dis que j'aurais aimer le rencontrer avant Noël, il reste 5 jours, il me propose le 23 décembre, je me souviendrai toujours de cette date.

     

    Un groupe de parole a lieu entre tout cela, je fais part de la dernière étape passée, puis la somatisation, une bénévole me dit qu'elle a beaucoup somatisé elle aussi pendant son parcours de reconstruction. Tous ces échanges m'ont fait du bien.

     

    Deux jours plus tard, nous recevons une famille d'amis anglais, je suis fatiguée, j'ai vraiment du mal à tenir le coup.

     

    Arrive ce samedi 23 décembre, je pars toute angoissée chez ce prêtre retraité qui habite dans sa maison familiale à 10 km de chez moi. Dans une petite ville que je connais bien pour y avoir habité 2 ans et travaillé 20 ans.

    Tout de suite, il me fait asseoir à la table et m'offre un café, cela montre l'ambiance détendue. Il me parle un peu de mon psy qu'il appelle FX. Il me demande si je suis mariée, si j'ai des enfants puis me dit que FX. lui a parlé de culpabilité. Je démarre en racontant un peu: J'avais un frère mort en 1981, à 33 ans, et ma mère morte en 1985, à 59 ans, mon frère m'a fait beaucoup de mal, je m'en suis souvenue seulement en 1996, j'étais en dépression depuis 1991. Il me demande si c'est d'ordre sexuel en s'excusant, si ça a duré longtemps, combien nous avions de différence, quel âge j'avais, comment cela m'est revenu. Si je suis chrétienne, oui alors il trouve que c'est plus facile (pour lui sans doute)

    Je raconte, tout m'est revenu en cure thermale, le psy m'avait demandé d'écrire mon enfance pour essayer de trouver ce qui clochait. Tout le refoulement s'est arrêté en écrivant.

    Je lui dis que je n'arrive pas à être en paix dans une église que j'éprouve beaucoup de culpabilité. Il me dit que c'est l'enfant de cette époque là qui se sent coupable.

    Puis il demande des explications sur mon frère, je dis qu'il n'était pas bien dans sa tête, qu'il n'avait pas de copains, qu'il était très nerveux, qu'il avait plein de tics et de tocs, mais par contre qu'il savait bien ce qu'il faisait.

    Puis j'ajoute que la culpabilité c'est plus en rapport avec la colère et la haine que j'ai sorties contre lui depuis quelques mois, que quand il est mort, je l'aimais et que j'ai eu beaucoup de peine à accepter sa mort. Mais je ne suis pas à l'aise avec ce que j'ai fait au cimetière, donner des coups de pied dans sa tombe. Le prêtre me dit que cella n'a pas pou lui faire de mal et qu'il le fallait pour moi, il me demande si maintenant j'éprouve de l'amour ou de la haine. je dis que je suis à moitié, moitié.

    Il dit que j'ai fait la moitié du chemin, et que quand je pourrai retourner au cimetière et que l'amour remplacera la haine, je serai en paix. Puis il dit que lui est pardonné, que Jésus n'est pas venu sur terre pour sauver les hommes et pour les faire souffrir après.

    Je précise que j'aurais aimé qu'il me demande pardon, et que j'ai l'impression de salir sa mémoire en parlant de mon histoire chez le psy, à l'asso.

    Puis je raconte la révélation à mon père de 83 ans, et combien c'était difficile, il est conscient de cela mais dit que c'était nécessaire pour lui et pour moi.

    Je parle ensuite de mes difficultés avec la pratique de ma religion, de certaines paroles qui ne passent pas à la messe, de mon sentiment de ne pas me sentir en paix. Il conseille de continuer et de demander la force, de demander en parlant simplement à Dieu comme je lui parle à lui.

    J'évoque mes idées noires à une période, il précise que mes enfants ont besoin de moi, que j'ai plein de monde qui m'aime autour de moi.

    Je parle d'une phrase qui m'est restée de notre pélérinage local en septembre dernier: " il faut sortir de notre marécage, enlever les lunettes noires qui nous empêchent de voir ce qui est beau"

    Il dit que ce n'est pas par hasard que j'ai retenu cette phrase, en tout cas c'est à ce moment là qu'a germée l'idée de rencontrer un prêtre. Et après FX me l'a évoqué comme par hasard.

    Il trouve que c'est bien de faire la paix avant Noël.

    Je raconte un peu ma démarche au cimetière aussi sur la tombe de ma mère, pour lui confier ma souffrance. Il trouve que c'est une grâce.

     

     

    La suite

     

    Je lui raconte un peu tous les préparatifs pour cette révélation à mon père, mes peurs car mon père est ma seule famille, mon désir de lui reparler de ma mère, mais sa fuite. Le prêtre me dit que je lui ai dit et que c'est l'essentiel.

    Et puis je parle de cette crainte qui s'était pointée un jour " Qaund je mourrai, je reverrai mon frère, que me dira-t-il ?"

    Eh bien il vous dira que vous avez bien fait d'en parler et de faire tout ce que vous avez fait pour vous en sortir.Et tout ne sera qu'amour à ce moment là.

    Puis je demande à me confesser, le prêtre y avait pensé, tout se passe très simplement mais dans une grande émotion pour moi.

    Il me souhaite de trouver la paix avec mon mari et mes enfants. Il conseille de penser à toutes les choses positives et de ne pas trop regarder la souffrance du passé.

    Il m'a confié que son père s'était suicidé lorsqu'il était enfant et qu'il lui en a beaucoup voulu, qu'il a fait une thérapie de groupe à 60 ans.

    Je lui promets de lui donner de mes nouvelles. Il m'embrasse et me souhaite la paix de Noël.

    J'ai vécu là 1H15 de grande émotion, mais je me sens en paix.

     

    Ensuite je rends visite à mon amie M. et je lui dis que je viens de rencontrer Jésus, nous partageons sur cet entretien.

    Je lui ai apporté des fleurs et lui partage cette paix de Noël.

     

    Le lendemain soir, nous allons à la messe de la nuit de Noël, je me sens particulièrement bien et apaisée, je me retourne souvent pour me réjouir de voir mes enfants. Les paroles du prètre m'atteignent quand il dit: Dieu a envoyé son fils pour nous sauver à Noël, pour qu'il nous apporte la paix, la lumière, la joie, pour que nous prenions notre vie en mains. Je suis bien décidée à prendre ma vie en mains.

    Je passerai un bon Noêl cette année 2000, comme ce n'était pas arrivé depuis au moins 5 ans.

    Et puis cette dernière semaine de l'année vécue en fêtes, anniversaires et réveillon avec des amies chères.

     

    En conclusion de cette année 2000, j'ai noté sur mon journal:

    Quelle année de difficultés, de souffrances, mais d'avancement. Une année difficile qu'il fallait que je traverse, je ne pouvais pas faire l'économie de toutes ces étapes. Je suis mieux, mais à quel prix !

    Maintenant, j'entrevois des jours meilleurs, mais j'aimerais bien trouver plus de force, plus d'équilibre, tout un apprentissage pour aller vers le bonheur.

     

    Je ne me doutais pas bien sur de l'épreuve qui m'attendait pour 2001.


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  • Commentaires

    2
    Lundi 7 Février 2011 à 12:03

    Je ne sais pas pour la religion, en tout cas à cette période là, cela m'a aidée, en fait je crois que l'on n'a recours à cette ressource que lorsque l'on va mal. Serions nous ingrats ?

    La volonté, oui mais !!!

    Oui l'écriture, cela reste pour moi une bonne ressource

    belle journée

     

    1
    Lundi 7 Février 2011 à 10:04
    La vie n'est pas un long fleuve tranquille, je ne sais pas si la religion peut nous aider à franchir ces étapes , moi je suis croyant , mais je ne pense pas que ma vie est régit pas d'autres choses que ma volonté
    L'écriture est salvatrice
    Douce journée
    AMICALEMENT
    TIMILO
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