• Chapitre 2, partie 7 - Septembre 2000

     

    Septembre 2000

     

    Mon père commence à se rapprocher de moi.

     

    Un souci après un test pour voir si je suis immunisée contre la tuberculose chez le médecin, ce test est positif, mon médecin de l'époque a un peu paniqué et joint deux pneumologues de l'hôpital, qui ont dit de faire une radio pulmonaire en urgence, et un bilan sanguin, cela ne m'a pas rassurée et mon père se trouvait à venir à la maison ce jour là.

    Dès le lendemain matin je passe cette radio qui se révèle tout à fait normale. Mon père téléphone dans la journée pour savoir le résultat et il paraît vraiment inquiet et proche, si bien qu'en raccrochant, j'éclate en sanglots, c'est tellement nouveau et inhabituel!

     

    Le départ définitif, , de mon fils ainé, pour le travail qu'il a décroché à l'étranger, est proche et cela me bouleverse énormément. Je suis dans un état d'épuisement de nouveau et de fragilité émotionnelle, les larmes sont souvent là.

    Le lendemain il prend l'avion, nous l'avons conduit à l'aéroport et nous attendons que l'avion décolle pour repartir. Et encore une fois comme souvent, après son départ je me sens soulagée, c'est toujours cette période de préparatifs et d'énervement qui ne me va pas du tout, même encore maintenant.

     

    Quelques jours plus tard, je suis en formation, obligatoire pour mon travail de famille d'accueil, formation qui résonne beaucoup en moi, je vais retracer ici les notes importantes que j'avais écrites dans mon journal intime voilà 10 ans. Elle était faite par une femme psychanalyste à Paris.

     

    - Les symptômes sont un signe de souffrance dans sa propre histoire.

    - L'amnésie de l'enfance est dans l'inconscient.

    - Il y a le mécanisme de la répétition.

    - Inconscient : ce qui est oublié de notre mémoire consciente ne l'est pas pour notre cœur et notre corps.

    - Répétition mortifère: mécanisme psychique inconscient; tendance à reproduire à notre insu les points de souffrance de notre histoire, qui n'ont pas pu être élaborés.

    -Élaboration: digestion psychique qui passe par la parole, cela prend du temps. Le temps psychique n'est pas le temps de l'horloge. Pendant l'élaboration, il y a des temps de pause, des marches arrière, des marches en avant.

    (Je prends la parole pour dire que c'est tellement douloureux l'élaboration, la formatrice dit oui, c'est pour cela qu'il y a des résistances et que l'on freine des quatre fers)

    La fin de l'élaboration permet un changement de position psychique.

    D'abord on est considéré comme un objet:

    - Il y a répétition mortifère.

    - Il faut ensuite en sortir.

    - Il le faut pour devenir un sujet acteur et actif.

    Le rêve est une voie d'élaboration.

    - Souffrance humaine: manque de mots sur le traumatisme, de paroles, d'écoute sur l'évènement traumatique et sur les émotions qui nous ont traversés à ce moment là.

    (J'ai demandé à la formatrice si quand la mémoire consciente de ce moment là a disparue,  les émotions ressenties à ce moment là pouvaient être les mêmes que celles qui sont là en le racontant 30 ans plus tard, elle a répondu: oui bien sur car elles étaient dans l'inconscient et on ne peut pas faire l'économie d'élaborer son histoire)

     

    Cette première journée de formation a été très riche pour moi, mais elle m'a remuée en profondeur, j'ai compris cependant beaucoup de choses qui se sont passées en thérapie pendant cette dernière année.

    Je suis épuisée le soir, m'occuper de la petite accueillie, faire 85 km dans la journée, les deux trajets en ville pour la formation et deux autres pour aller chercher ma fille au conservatoire.

    Et le lendemain retour en formation, j'ai retenu:

     

    - Il faut mettre des mots sur les émotions: peut être que............ne pas faire ravaler, faire sortir ce qui se passe à l'intérieur.

    - Le silence est porteur de quelque chose, il est une parole: je ne peux ou ne veux rien en dire pour le moment.

    - C'est le sujet qui accepte de lâcher son symptôme.

    - On ne peut se détacher, que si on a été suffisamment attaché  ( Je l'ai souvent reprise cette phrase ) Les troubles de l'attachement vont entrainer une impossibilité à se détacher.

     

    La formation apparait comme une formation d'écoutant, mais avec les enfants accueillis il faut bien savoir comment les aider au mieux dans ce qu'ils peuvent nous dire ou entendre. La fin de cette seconde journée a été consacrée aux enfants et j'ai pu avoir des conseils pour V. qui était un peu sauvage, et avait un gros problème de limites et de communication, en plus de son retard intellectuel. J'ai appris aussi qu'il ne fallait pas lui donner trop de « bon » d'un coup.

    On a dit aussi qu'il faut savoir tirer la sonnette d'alarme en cas de début d'épuisement, qu'il faut se donner du temps pour soi, la culpabilité donne une mauvaise relation.

     

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  • Commentaires

    6
    Vendredi 19 Novembre 2010 à 14:15

    Oui c'était une formation très intéressante, les participantes un peu moins, enfin quelques unes quand même. La formatrice (psychanalyste) était géniale.

    bisous

    5
    Vendredi 19 Novembre 2010 à 14:00
    C'est là que j'étais arrivée... Une formation intéressante qui a dû t'apprendre beaucoup pour toi aussi.

    Courage pour la suite. J'essaie de continuer moi aussi après cet évènement d'octobre 2008.

    Bises,
    Cathy.
    4
    Mardi 28 Septembre 2010 à 23:14

    Oui, c'est vieux, 10 ans, je ne me souviens pas si j'avais pu prendre du repos.

    demain je passe chez toi, bisous

    3
    Mardi 28 Septembre 2010 à 23:13

    Oui, moi aussi j'anticipe encore beaucoup et forcément ce n'est pas positif!

    bonsoir

    2
    Dimanche 26 Septembre 2010 à 14:02
    ah oui je comprend que ce soit remuant ce genre de formation!
    en tous cas cela avait l'air vraiment intéressant...
    j'espère que tu as pu te reposer après ça
    bises
    1
    Samedi 25 Septembre 2010 à 19:14
    C'est "drôle", moi-même encore aujourd'hui c'est l'anticipation d'un évènement qui me déstabilise... toujours avant et jamais pendant ou après...
    Nos productions fantasmatiques sont toujours pires que la réalité. Je me sens tout à fait guéri pour plein de choses, mais ces moments restent toujours compliqués. Va falloir que j'explore ça...

    Amitiés.

    Luigi
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